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Cela a entraîné des contacts avec les états-majors de planification et les responsables d’exploitation dans diverses parties de la branche exécutive, ainsi que les conseils combinés et dispositifs similaires de travail qui l’Union européenne coopération sécurisée avec la Grande-Bretagne, le Canada et les autres membres du Unies Ce le décret de langue Septembre, qui peut appelé la charte originale du Bureau exécutif du Président. Voir aussi ci-dessus note. Nations. En dehors de ces contacts de travail, le bureau a exercé son autorité budgétaire à des fins coordinatrices. valleedeclisson.fr. ou espoir de récompense. Pour pratiquer ou professer la pratique, ou d’annoncer de donner des conseils en médecine ou en chirurgie, cliquez ici passible d’une pénalité. 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Pesquisa realizada por Débora Caparica (*)

A marca mais característica da Umbanda, religião surgida no final do século XIX e início do século XX é a manifestação de entidades, por meio da mediunidade de incorporação. Os primeiros espíritos a “baixar” nos terreiros de Umbanda foram os caboclos e pretos velhos, a seguir surgiram outras formas de apresentação como as crianças, conhecidas como erês. Essas três formas, crianças, caboclos e pretos velhos, são consideradas as principais, representando as três fases da vida – a criança, o adulto e o velho – mostrando a dialética da existência. Além disso, trazem valores arquetipais de pureza e alegria na criança, simplicidade e fortaleza no caboclo e a sabedoria e humildade dos pretos velhos, mostrando o caminho para a evolução espiritual.

Com a expansão da Umbanda, muitas outras entidades apareceram, como os baianos, boiadeiros entre outros, sem falar dos Exus. A Umbanda cresceu porque soube levar em seu círculo de sabedorias ensinamentos de outras religiões. Assim a Umbanda se acresceu de pontos cantados, orações, defumações, etc. Essa diversidade confirma a abrangência desse movimento espiritual que chama a todos e recebe seres encarnados e desencarnados, com vibrações de fraternidade e amizade sob a luz de Oxalá. Em nosso trabalho trataremos mais especificamente, das entidades conhecidas como Caboclos, invariavelmente presentes nos terreiros de Umbanda, praticando a caridade e cumprindo sua missão espiritual. A influência dos caboclos dentro da Umbanda é tão grande, que talvez não existisse Umbanda sem eles. Que todos os caboclos nos iluminem e nos guie rumo à paz maior.

A palavra caboclo vem do tupi kareuóka. que significa da cor de cobre, acobreado. Podendo também designar o mestiço de branco com índio ou mulato, tem na Umbanda significado diferente, são espíritos que se apresentam como índios. Muitos que hoje se apresentam nos terreiros foram pajés, velhos curandeiros ou magos, tanto que são utilizados em trabalhos de cura através de ervas, demandas espirituais, pois foram hábeis guerreiros. Acresce ainda, que sob a forma fluídica de um índio, se esconde muitas vezes um padre, um missionário, um pacificador indígena, um bandeirante ou um médico, cujas primeiras existências humanas, foram como silvícolas. Dada essa relação dos caboclos com os indígenas, e aproximando esse fato ao Orixá Oxossi, que na África é cultuado como Odé, o caçador, o Senhor das Florestas, conhecedor dos segredos das matas e dos animais que lá vivem. Os caboclos são entidades fortes e viris, com uma postura forte, de voz vibrante, que trazem as forças da natureza, manipulando essas energias para trabalhar nas questões de saúde, vitalidade e no corte de correntes espirituais negativas alguns tem dificuldade de se expressar em nossa língua, são sérios, mas gostam de festas e fartura, dançam muito e gostam de cantar.

Primeiramente o que é Orixá? O planeta em que vivemos e todos os mundos dos planos materiais se mantêm vivos através do equilíbrio entre as energias da natureza. A harmonia só é possível devido a um intrincado e imenso jogo energético entre os elementos químicos que constituem estes mundos e entre cada um dos seres vivos que habitam estes planetas. Um dado característico do exercício da religião de Umbanda é o uso, como fonte de trabalho, destas energias. Vivendo no planeta terra, o homem convive com leis desde sua origem e evolução, leis que mantém a vitalidade, a criação e a transformação, dados essenciais à vida como a vemos desenvolver-se a cada segundo. Sem essa harmonia energética o planeta entraria no caos. O fogo, o ar, a terra, e a água são os elementos primordiais que combinados, dão origem a tudo que nossos corpos físicos sentem, assim como também são constituintes destes corpos. Acreditamos que esses elementos e suas ramificações são comandados e trabalhados por Entidades Espirituais que vão desde os elementais até aos espíritos superiores que inspecionam, comandam e fornecem o fluido vital para o trabalho constante de criar, manter e transformar a dinâmica evolutiva da vida no planeta terra. A essas energias de alta força vibratória chamamos Orixás, usando um vocábulo de origem Yorubana. Na Umbanda são tidos como maiores responsáveis pelo equilíbrio da natureza. Os caboclos, profundos conhecedores das forças da natureza estão ligados aos Orixás através dessas energias das quais fazem uso para os trabalhos. Para quem vivencia o terreiro, que há anos luta as batalhas espirituais e já viu os caboclos vencendo as demandas, afastando entidades negativas, tratando doenças que a medicina muitas vezes não resolve e dando lições de simplicidade, humildade, coragem e persistência, traz uma sensação de alegria que enche o coração, renova o ânimo e nos dá a certeza de que estamos no caminho certo. É também do linguajar de caboclo, que não cai uma folha da jurema (da mata), sem ordem de Oxalá, ou seja, que tudo na vida tem motivo e que nossas ações são registradas na lei de causa-e-efeito, ou lei do karma. Mas isso não significa ficar passivo, esperando o pior acontecer. Os Caboclos também ensinam a termos coragem e a sermos guerreiros na vida, lutando pelo que é justo e bom para todos. No que é possível, os caboclos nos ajudam a entrar na macaia (a mata que simboliza a vida), a cortar os cipós do caminho (vencer as dificuldades) e, se preciso caçar os bichos do mato (vencer as interferências espirituais negativas). Essa postura é evidenciada em vários pontos. Na Umbanda a linha de Caboclo e a linha de Preto Velho. são as únicas fundamentalmente capacitadas, diante seu grau de evolução, a apresentar-se como mentores de um médium. ou seja, são as únicas entidades que podem responder diretamente ao (Orixá de Cabeça) de um médium, sem desequilibrar a vida disciplinar dele. Os caboclos estão ligados a um determinado Orixá, respondendo diretamente a ele, a não ser em casos especiais, onde se precise de um reajuste cármico, assim passando-se a agir uma entidade, que tem um cruzamento vibratório, como por exemplo, um Ogum Rompe Mato, que pode atuar por Oxossi se for preciso. Assim, se na ancestralidade de um caboclo está o elemento fogo, quem o rege é Xangô; e se está o elemento mineral, quem o rege é Oxum, etc. E sua linha de trabalhos espirituais atuará no campo do Orixá que está dando amparo divino à atuação dos espíritos que se apresentam com o seu nome simbólico.

Como, por exemplo: — Linha de Caboclos Sete-Montanhas, regidos por Xangô, — Linha de Caboclos Sete-Espadas, regidos por Ogum e assim por diante. A última religião de um espírito pouco importa, pois na Umbanda ele reverenciará os Orixás aos quais já servia, só que com outro nome. Afinal, Deus é único, o Trono regente do nosso planeta em seu todo também é único. E os quatorze Tronos Planetários Naturais (os nossos Orixás) também são únicos, ainda que sejam cultuados com muitos nomes. Embora existam diferenças entre os nomes encontrados para as entidades, em relação as suas Vibrações Originais, apresentamos a seguir uma relação:

Águia Branca, Águia Dourada, Águia Solitária, Araribóia, Beira-Mar, Caboclo da Mata, Icaraí, Caiçaras Guaraci, Ipojucan, Itapoã, Jaguaré, Rompe-mato, Rompe-nuvem, Sete Matas, Sete Ondas, Tamoio, Tabajara, Tupuruplata, Ubirajara, Rompe-Ferro, Rompe-Aço.

Araúna, Cajá, Caramuru, Cobra Coral, Caboclo do Sol, Girassol, Guaraná, Guará, Goitacaz, Jupará, Jaguar, Rompe-Serra, Sete Caminhos, Sete Cachoeiras, Sete Montanhas, Sete Estrelas, Sete Luas, Tupi, Treme-Terra, Sultão das Matas, Cachoeirinha, Mirim, Urubatão da Guia, Urubatão, Ubiratan, Cholapur.

Caboclo da Lua, Arruda, Aimoré, Boiadeiro, Ubá, Caçador, Arapuí, Japiassu, Junco Verde, Javari, Mata Virgem, Pena Branca, Pena Dourada, Pena Verde, Pena Azul, Rompe-folha, Rei da Mata, Guarani, Sete Flechas, Flecheiro, Folha Verde, Tupinambá, Tupaíba, Tupiara, Tapuia, Serra Azul, Paraguassu, Sete Encruzilhadas.

Arranca-Toco, Acuré, Aimbiré, Bugre, Guiné, Gira-Mundo, Iucatan, Jupuri, Uiratan, Alho-d’água, Pedra Branca, Pedra Preta, Laçador, Roxo, Grajaúna, Bacuí, Piraí, Suri, Serra Verde, Serra Negra, Tira-teima, Seta-Águias, Tibiriçá, Vira-Mundo, Ventania.

Bartira, Jussara, Jurema, Japotira, Maíra, Ivotice, Valquíria, Raio de Luz, Palina, Poti, Talina, Potira.

Diloé, Cabocla da Praia, Estrela d’Alva, Guaraciaba, Janaína, Jandira, Jacira, Jaci, Sete Ondas, Sol Nascente

Iracema, Imaiá Jaceguaia, Juruema, Juruena, Jupira, Jandaia, Araguaia, Estrela da Manhã, Tunué, Mirini, Suê.

Assucena, Inaíra, Juçanã, Janira, Juraci, Jutira, Luana, Muraquitan, Sumarajé, Xista, Paraquassu.

Na Umbanda, os Caboclos constituem uma falange e, como tal, penetram em todas as linhas, atuando em diversas vibrações. Entretanto, cada um deles tem uma vibração originária, que pode ser ou não aquela em que ele atua.
Antigamente existia a concepção de que todo Caboclo seria um Oxossi, ou seja, viria sob a vibração deste Orixá. Porém em nossa percepção, compreendemos que Caboclos diferentes, possuem Vibrações Originais Diferentes, também é preciso falar que existem os chamados cruzamentos vibratórios em que uma entidade de Ogum, por exemplo, podem trazer também as forças de outro orixá, como Ogum Yara que além das forças de Ogum, movimenta também as forças dos Orixás das águas, como Yemanjá, Oxum etc. Não há necessidade da Vibração do Caboclo-guia, coincidir com a do Orixá dono da coroa do médium: o guia pode ser, por exemplo, de Ogum, e atuar em um sensitivo que é filho de Oxossi; apenas neste caso, a entidade, embora sendo de Ogum, assimilará a vibração de Oxossi.

Vejamos alguns exemplos de Caboclos de Oxossi: Caboclo Sete Flechas, Caboclo Folha Seca, Caboclo Pena Vermelha, Cacique das Matas, Caboclo Cobra-coral, Cabocla Jurema, Cabocla Jacira, Caboclo Ventania, Caboclo Caçador e outros.

Na linha de Ogum temos: Ogum de Lê, Ogum Beira-mar, Ogum Matinata, Ogum Sete Ondas, Caboclo Biritan, Ogum Megê, Ogum Sete Espadas e mais uma plêiade de espíritos que vêm sob essa vibração.

Entre os caboclos de Xangô temos muitos caboclos famo­sos, como Caboclo das Sete Pedreiras, Caboclo Vira-mundo (que vem como Xangô ou Oxossi), Xangô Kaô, Caboclo Pedra Branca, Caboclo da Pedra Preta etc.

Para citar alguns da linha de Oxalá, que dificilmente baixam, temos Caboclo Ubiratan, Caboclo Girassol, Caboclo Ipojucan, Caboclo Guaracy e Caboclo Tupi. Esses caboclos, normalmente, vêm fazendo cruzamento vibratório com outros orixás, especialmente com Oxossi. Todas as entidades de Umbanda são importantes. Ainda que alguns se orgulhem de serem médiuns de caboclos renomados e tidos como chefes de falange, o que vemos é que quando estão no terreiro, os Caboclos tratam uns aos outros como iguais, mostrando que o que importa é o trabalho espiritual e, como em uma aldeia, tudo é feito em conjunto e com as ordens dos planos superiores.

Influência, ação e função na Umbanda

Os caboclos constituem o braço forte da Umbanda, muito utilizados nas sessões de cura através de ervas e simpatias, pois são profundos conhecedores das ervas medicinais e de suas propriedades espirituais, assim como suas propriedades terapêuticas para o tratamento de muitos males, desobsessões, solução de problemas psíquicos e materiais, repressão a espíritos malévolos, principalmente eguns, demandas materiais e espirituais, são grandes passistas e os resultados de seus trabalhos aparecem muito rapidamente.

(*)Débora Caparica é médium do Terreiro Tio Antonio, integrante do Conselho Editorial do site.

DVDBlog
par Bertrand Tavernier

Cette chronique consacrée aux DVD qui m’a été demandée par Pascal Rogard n’a pas du tout la prétention d’être exhaustive, elle se veut partiale et partielle, sans aucune volonté de suivre l’actualité. Elle sera composée de coups de cœur, provoquée par des visions et re-visions, des flâneries, des découvertes, des conversations ou des conseils d’amis. J’essaierai de donner le maximum de renseignements.

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Documentaires et fictions

DOCUMENTAIRES

Commençons par une œuvre choc, LA GUEULE DE L’EMPLOI de Didier Cros qui évoque les épreuves que doivent subir un groupe de chômeurs désirant trouver un poste au GAN. Cette compagnie d’assurance a fait appel à un cabinet de recrutement qui va avec l’aide d’une DRH et de quelques séides, mettre sur le grill les postulants. On assiste éberlué à un festival d’humiliations, d’épreuves absurdes (vendre des trombones à votre voisin), à la mise en place d’une idéologie qui prône la violence, l’exclusion, l’élimination de l’autre, le chacun pour soi. Ces méthodes reflètent l’état d’esprit d’un patronat français qui semble avoir perdu ses marques, ses repères, ne plus avoir aucun contact humain, ne plus savoir gérer ses employés. Avant même de prononcer un jugement éthique, on peut douter (le mot est faible) de leur efficacité. La violence imposée aux employés de France Telecom n’a pas boosté les résultats. Dans LA GUEULE DE L’EMPLOI, on voit les examinateurs passer à côté de personnes qui semblent plus qualifiées que celles qu’ils retiennent et dont une paraît juste malléable et prête à tout accepter. Est-ce un critère. Cette négation de l’esprit d’équipe, de la solidarité, de la camaraderie que peut créer le travail me paraît témoigner d’un grand retard, d’une approche abstraite, d’un refus de se coltiner avec le terrain, qui expliquent les mesures calamiteuses prises par de grands dirigeants d’entreprise qui ne pensent qu’à sauver leur retraite. Ce film très puissant met en lumière cette sottise criminelle et il fit des ravages au GAN. Il y a une justice.

Plus construit, plus fictionnel mais tout aussi juste, tout aussi fort, je voudrais saluer le magnifique GENTE DI ROMA. évocation bouleversante, cocasse, touchante, perçante de quelques personnes ordinaires pendant une journée à Rome. Quelle liberté de ton dans ce dernier film de Scola, un de ses plus beaux. Du chômeur qui n’a pas osé dire la vérité à sa femme et fait semblant de partir au travail à tous ces personnages d’émigrés, à ce passager qui disserte sur l’Histoire de Rome en passant par cette femme qui cherche son enfant pendant une manifestation politique où parle Nanni Moretti, on ne sait qui vous touche le plus. A se procurer d’urgence pour réparer une injustice.

Et pour LES EVADÉS DE LA NUIT. je renvoie à l’intervention brillante de Bruno François Boucher sur ce blog. Il y a une légèreté émotionnelle surprenante dans toute la première partie avec cette merveilleuse idée des nonnes qui font du trafic et vont se révéler de fausses religieuses, idée qu’on pourrait trouver chez Comencini et Risi où l’on sent la patte d’ Amidei. A la fin, j’ai été un peu gêné par le recours systématique au zoom arrière quand quelqu’un marche, procédé pas trop voyant ici mais dont j’aurai aimé une utilisation moins fréquente (un travelling arrière est toujours plus agréable).

QUELQUES FILMS FRANÇAIS

Revu avec un immense bonheur GOUPI-MAINS ROUGES que Pathé vient de sortir, hélas sans bonus, ce qui est un peu décevant pour un film aussi important, aussi magistral, aussi bien écrit et filmé. La peinture des paysans que font Becker et Pierre Véry contredit quelque peu l’image idéalisée, glorieuse que voulait donner le Maréchal avec son retour à la terre. Le retour est ici teinté d’âpreté, d’avarice, de violence, de rancœur. Ledoux, le Vigan, Devere sont absolument formidables et Blanchette Brunoy rit en mangeant des pommes, l’une des plus jolies répliques du film.

SEUL DANS LA NUIT. encore Pathé, de Christian Stengel est une curiosité, une histoire de meurtres et de chantage se déroulant autour d’un chanteur de charme. C’est boulevardier, assez mécanique et ne prête guère à conséquence ; certaines chansons sont assez jolies mais on retient surtout la photo de Christian Matras.

Dans la même collection est sorti, on se demande pourquoi ORIENT EXPRESS. nanar léthargique de Carlo Ludivico Bragaglia où le fameux train est immobilisé durant tout le film par la neige. Ce qui a du faciliter le tournage. A noter, carton stupéfiant, que cette production bénéficie de « la supervision artistique » de Roberto Rosselini. A vos DVD les exégètes.

René Château vient de sortir le DESTIN FABULEUX DE DÉSIRÉ CLARY. Je n’ai jamais oublié le moment unique où Guitry intervient, stoppe le film et demande aux acteurs d’abandonner leur rôle et de le donner à un autre. Voilà encore un exemple de liberté cinématographique.

VOIR LA MER de Patrice Leconte m’a semblé avoir été assez sous-estimé. Je veux le revoir pour en parler plus longuement. Clément Sibony m’a paru formidable et Pauline Lefèvre tout à fait charmante.

LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE se revoit toujours avec passion. Ruez vous sur le DVD car pour le moment, la succession Simenon bloque tout autre type d’exploitation de ce chef d’œuvre. C’est une des meilleures adaptations de l’auteur de la Veuve Couderc et il faut saluer le travail épatant du scénariste dialoguiste Maurice Aubergé qui a su préserver la dureté du propos, a pris et tenu le parti pris de ne pas l’intégrer dans une époque précise, ce qui paradoxalement (et pour une fois), aiguise les sentiments et les émotions, leur donne une priorité absolue, un côté intemporel. Et une vraie modernité. On sent, dès les premiers plans que Decoin est inspiré, habité par le sujet, ce que confirme Michel Deville qui était stagiaire sur ce film, et il le tire peu à peu vers la tragédie. celle de la destruction d’une âme qui vous bouleverse davantage à chaque vision. Le propos est incroyablement féministe, ce qui n’était pas si courant dans le cinéma français, en dehors des films écrits par Prévert et Aurenche. Le découpage de Decoin, incisif, net, épuré, utilise admirablement le décor. Regardez la manière dont il utilise l’escalier notamment dans le dernier quart d’heure mais aussi les rapports de plan, les entrées de champ. la découverte de Gabin, la première apparition de Darrieux sont magnifiques. Il y a là une élégance formelle qui évoque celle, contemporaine, de Preminger. La dernière image, ponctuée par la magnifique musique de Jean- Jacques Grunenwald, cette voiture qui s’enfonce dans la nuit jusqu’au noir absolu, est inoubliable.

Pour les amateurs de films contemporains audacieux, je signale PARC. pari assez fou, presque tenu.

SÉRIES TV

BORGEN est un vrai choc, un exemple que le service public français devrait méditer. En s’inspirant sans doute de WEST WING, les auteurs ont réussi à créer une œuvre vraiment européenne, enracinée dans son pays d’origine, prenant certains sujets délicats à bras le corps. On imagine les hurlements frileux de tous ces intermédiaires qui freinent toute création sur les chaines publiques française si on leur avait présenté certaines scènes de Borgen. Celles évoquant un avortement, la corruption politique au plus niveau de l’état ou les rapports entre l’héroïne et ses enfants.

DOWNTON ABBEY. histoire d’une famille d’aristocrate dont les héritiers ont péri dans le naufrage du Titanic et des domestiques qui les servent, est magistralement écrit et dialogué par Julian Fellowes à qui on doit GOSFORD PARK. Les acteurs se régalent, se servant de toutes les nuances d’un texte brillant et parfois touchant. Fellowes est aussi acteur (on l’a vu dans PLACE VENDÔME) et il sait écrire pour eux.

Je voulais revenir sur la sortie de HIGH HOPES de Mike Leigh dont le premier tiers est étourdissant de drôlerie, d’invention, de cocasserie chaleureuse. Avec ce personnage de provincial paumé dans Londres, qui s’incruste chez les protagonistes, un couple de hippies, tellement il se sent seul. Ils finissent par le renvoyer et le plan où on le voit s’éloigner, par la fenêtre d’un autocar, résigné, désolé, perdu, vous prend le cœur et vous fait rire tout à la fois. Certains personnages, la sœur, ceux qui appartiennent à une classe sociale plus fortunée, les Booth Braine (déjà le nom indique le ton) sont un peu caricaturés malgré une interprétation toujours inventive mais Leigh rattrape cette légère faiblesse avec la séquence où l’on impose de force un anniversaire à une vieille dame, la mère du héros, qui rend très émouvant ce personnage au début fort rébarbatif et surtout avec la séquence finale, magnifique. le couple de hippies la font monter sur le toit de leur immeuble, situé dans un quartier ouvrier et lui font découvrir la vue, les gazomètres, les usines et au loin, la Cathédrale Saint-Paul. Et la vieille dame bouleversée, murmure. « Je suis au sommet du monde » comme Cagney dans White Heat. Impossible de ne pas être ému.
Deux autres films de Mike Leigh que je voudrais signaler. le splendide ANOTHER YEAR et le génial et méconnu TOPSY TURVY.

La sortie en salle de THE DEEP BLUE SEA de Terence Davies que j’ai beaucoup aimé et qui a été souvent jugé trop superficiellement (on lui reproche des parti pris vraiment audacieux qui tournent le dos à la mode et donnent une vraie complexité à cette adaptation de Terence Rattigan, auteur à redécouvrir) est une bonne occasion pour revisiter l’œuvre d’un des plus grands cinéastes anglais contemporains. Je rappelle donc DISTANT VOICES, le sublime HOUSE OF MIRTH (Chez les Heureux du Monde), OF TIME AND PLACES, THE NEON BIBLE, surtout disponible en Angleterre, même the DEEP BLUE SEA.

Sortie en Angleterre de WOMAN IN A DRESSING GOWN de Jack Lee Thompson que je voudrais bien voir et de THE GOLDEN SALAMANDER de Ronald Neame avec Trevor Howard et Anouk Aimée qui se révèle une très jolie surprise. C’est un thriller bien mené, tourné en grande partie en extérieurs réels, en Afrique du Nord où l’on voit un archéologue démasquer de dangereux contrebandiers menés par l’inévitable Herbert Lom. La mise en scène est assez nerveuse et la photo d’Oswald Morris plutôt belle. Dans ses mémoires, Neame qui est fier du film (le premier qu’il produisit) dit qu’il se fâcha avec Freddie Francis qui quitta le tournage pour aller rejoindre Powell. Fut-il remplacé par Morris. La vraie surprise du film vient d’Anouk Aimée, encore créditée Anouk sur le générique qui est ici vive, mutine, flirteuse, touchante. Ses scènes avec Howard sont excellentes et il se passe quelque chose entre eux. Neame dit d’ailleurs qu’il exploita le fait qu’ils avaient une liaison et que cela rejaillit dans le film.

THE NIGHT MY NUMBER CAME UP est une des meilleures productions Ealing dans les dernières années de ce studio. On sent que Michael Balcon veut retrouver, avec cette histoire de prédestination, le ton semi-fantastique (ou fantastique) d’AU CŒUR DE LA NUIT (et aussi paraît-il, d’HALFWAY HOUSE de Dearden qui vient de sortir chez Optimum). Le scénario de RC Sherriff est astucieux, bien construit et distille de manière efficace le suspense, intégrant les réactions des spectateurs qui savent (ou croient savoir) ce qui va se passer. Il est très secondé par des acteurs impeccables, de Michael Redgrave à Alexander Know même si comme souvent chez Ealing, les personnages féminins sont sacrifiés, en l’occurrence Sheila Sim, excellente dans A CANTERBURY TALE de Powell, ici reléguée pour son dernier film, à un rôle de secrétaire. Le travail de Leslie Norman est anonyme mais sans jamais tomber dans les fausses recherches toc de THE LONG, THE SHORT AND THE TALL. La plaisanterie finale fait long feu.

Pour compléter la dernière sélection de films rares américains, je recommande chaudement, dans la collection des Introuvables de Wild Side, RAIN de Lewis Milestone, metteur en scène bien oublié et qui eut son heure de gloire lors d’A L’OUEST RIEN DE NOUVEAU. Ses films, au début des années 30, sont souvent brillants, passionnants et on a redécouvert son FRONT PAGE qui avait été obscurci par les propos de Hawks vantant sa version, le splendide HIS GIRL FRIDAY. Il n’en demeure pas moins que la version Milestone est aussi fort réussie et sidère par l’audace de ses travellings aussi bien que par l’interprétation d’Adolphe Menjou et d’Edward Everett Horton. Et même si le Hildy Johnson que campe Pat O’Brien est moins flamboyant que la transposition féminine qu’en fit Hawks, le Milestone demeure, de toute les versions, la moins édulcorée par rapport à la pièce, la plus fidèle aux audaces du texte.
On retrouve ces recherches formelles dans RAIN (PLUIE). nouvelle adaptation de Somerset Maugham après celle remarquée de Raoul Walsh dont il n’existe qu’une version tronquée. Le début de RAIN avec ses enchaînés visuels et sonores, ses cadrages inhabituels, impose d’emblée un climat oppressant, claustrophobique. Joan Crawford et Walter Huston restent tous les deux insurpassables en Sadie Thompson et en Révérend Davidson. Cette version bénéficie de la liberté qui va disparaître avec le Code Hays et le portrait de la jeune prostituée est brossé avec beaucoup de force et de sympathie et un ton qui paraît incroyablement féministe. Milestone, après des passages à vide, revint au devant de la scène avec LE COMMANDO DE LA MORT et DES SOURIS ET DES HOMMES dont j’ai déjà parlé. Un de ses derniers films ambitieux, LA GLOIRE ET LA PEUR, vient de sortir en DVD et dans un magnifique Blu-ray.

Toujours chez Wild Side dans cette collection, j’ai enfin vu CAPTAIN KIDD. dernier film de Rowland V. Lee, réalisateur célèbre au temps du muet et à qui on doit le réjouissant SON OF FRANKENSTEIN. C’est une production ultra fauchée de Benedict Bogeaus (Captain Kidd production), entièrement tournée en studio dans des décors misérables. Les plans larges de bateaux sont des stock shots ou des maquettes. Les intérieurs sont d’une pauvreté et d’un manque d’authenticité que ne rattrape pas la photo parfois soignée de Archie Stout. Tous les piliers du genre sont là, John Carradine, Gilbert Roland, Henry Daniel, Sheldon Leonard. Le scénario ignore toute vérité historique, empile les clichés et, faute de moyens, fait l’impasse sur certaines. Des personnages disparaissent et réapparaissent brusquement. Laughton rend le film supportable en cabotinant sans aucune retenue. « Qu’il repose à tout jamais dans les sables de Madagascar. » Et il faut l’entendre se délecter de dire au roi. » Je ne suis rien que son humble moineau » ou bien, après avoir recruté d’anciens pirates. » Entre leur conduite et la mienne, Sire, il n’y aura guère de différence ». Il semble fait pour être pirate comme Brigitte Lahaie pour être pape, ne bouge presque jamais et tue uniquement avec son pistolet. Il passe pour des raisons jamais définies, de longs moments à inscrire dans un livre les 4 ou 5 noms de ceux qu’il veut tuer et à les rayer quand il réussit, comme si sans cela, il n’aurait pas pu retenir leur identité. Péripétie assez absurde.

Un western. FORT MASSACRE. qui reste sinon le meilleur film de Joseph Newman, du moins l’un des plus réussis. Le scénario, bien écrit par Martin Goldsmith (DETOUR, GUNFIGHT AT DODGE CITY), traite de l’extermination d’un groupe de soldats qu’un sergent mène à leur perte, par haine des Indiens. Nous qualifions de manière simpliste ce personnage, très bien joué par Joel McCrea dans un rôle inhabituel de sadique. La réalité est beaucoup plus complexe. A sa haine viscérale (il tue un Indien désarmé qui se rend) se mêlent des pulsions suicidaires. Comme le dit Philippe Garnier. « Plus encore que son racisme dévorant (sa femme a tué leurs enfants pour les soustraire aux Indiens), McCrea est hanté par le commandement dont il a hérité contre son gré. Il rouspète sans cesse qu’il va sans doute prendre la mauvaise décision, mais que quelqu’un doit la prendre. » Le laconisme brutal du film, son absence d’emphase, de lyrisme frappent autant que le ton cinglant des dialogues. « s’il a besoin de notre aide pour aller au ciel, alors sa situation est pire que la nôtre », lance McCrea à un soldat qui veut prononcer une prière sur une tombe. « Vous n’avez aucune opinion personnelle. », demande-t-il à John Russel – « Si, je déteste les tremblements de terre. » Parlant de sa femme, il fait ce constat glaçant. « Tuer des Indiens quand ils vous tirent dessus, c’est facile. Mais il faut un sacré courage pour faire ce qu’elle a fait », impliquant que lui ne l’aurait pas eu et c’est ce qui le ronge. Les réactions des soldats, témoins désabusés, fatigués, impuissants, évitent tous les pièges de l’échantillonnage, tous les clichés. le mépris sarcastique qu’affiche le soldat de carrière brillamment joué par Forrest Tucker envers son lieutenant blessé est inhabituel dans le genre, tout comme la réaction des soldats face au comportement de leur supérieur, mélange de révolte et de résignation. Un plan muet sur trois ou quatre hommes suffit à exprimer leur dégout. Newman et son chef opérateur Carl Guthrie utilisent admirablement les paysages de rocailles (le premier plan avec un rocher en forme d’oiseau de proie surplombant les soldats, donne le ton), les différences de personnages, leurs réactions, le fait de ne pas les isoler et surtout de les intégrer constamment au paysage. Quand ils rampent, des buissons, des branches cachent à demi leur visage. Même l’Indienne (Susan Cabot) qui surgit dans le dernier quart n’entraîne aucune histoire d’amour. Elle est prête à coucher avec celui qui donnera du whisky à son grand père et, montrant le chiot qu’elle serre dans ses bras, lance. « trop petit pour un diner ». On pense au Charles Marquis Warren de LITTLE BIG HORN et surtout à ULZANAH’S RAID d’Aldrich. Même dureté de ton, même pessimisme latent.
De Newman, je conseille vivement THE JUNGLE PATROL. film de guerre ultra fauché d’après une pièce de William Bowers, ce qui explique le dialogue brillant, inventif, l’absence de clichés notamment dans les rapports des soldats avec l’héroïne qui nous valent des scènes curieusement romantiques.
En revanche nous sommes moins enthousiastes que Philippe Garnier sur 711 OCEAN DRIVE (zone 1) qui nous a un peu déçu. Certes Edmond O’Brien est idéal pour interpréter ce technicien des télécommunications qui invente un système permettant de donner les résultats des courses de la côte Est avec un temps d’avance que la Mafia va refiler aux bookmakers. On peut porter au crédit du film ce sujet astucieux (dénoué avec de grosses ficelles), ses nombreux extérieurs à Los Angeles, d’excellents « seconds rôles » bien utilisés, Barry Kelley, Sammy White, Bert Freed et surtout Otto Kruger, ce dernier distribué intelligemment à contre emploi en Big Boss suave et menaçant. Mais le scénario reste routinier et conventionnel (pas seulement durant les sempiternelles introductions en voix off), ne parvient pas à développer certains personnages. celui qu’incarne bien Joanne Dru, la maîtresse d’un mafieux qui la bat et qu’elle trompe avec O’Brien, reste superficiel. Et la spectaculaire poursuite finale sur le barrage de Boulder paraît plaquée, à l’inverse des séquences de Palm Springs, les meilleures du film. A signaler, le carton emphatique proclamant « que de puissants intérêts criminels ont essayé de bloquer le tournage » mais qui comprendrait une part de vérité selon Newman.

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Tant pis si ce message ne survient que tardivement compte tenu du tourbillon promotionnel qui ocupera qq peu Bertrand ces mois-ci.
Il s’agit d’un petit additif sur arnaud des Pallières dont je viens de découvrir l’admirable Michael Kohlaas qui n’est pas sans liens avec l’âpreté de La passion Béatrice.
Une époque ressurgit de manière discrète par le cadre, les sensations très physiques que sait créer le cinéaste.A des P tient avec Jeanne Lapoirie une chef opératrice précieuse qui sait magnifier les lumières naturelles et structurer le cadre avec netteté, sans formalisme outrancier.Je suppose que Marc Salomon pourrait nous en dire plus sur les choix photographiques, les difficultés inhérentes aux saisons et lieux choisis: celles-ci fonctionnent au final comme des chances qui ont servi le film.
N’oublions pas Mads Mikkelsen. présence d’abord étrange puis évidente dans ces Cévennes du XVIème siècle: il est une force qui va, un Michael Kolhaas (il faut lire le récit de von Kleist, très connu outre Rhin mais peu lu ici: A des P l’adapte réellement, il en fait une variation personnelle qui constitue une relecture intelligente, jamais bavarde ou théorique) très humain autant que parfois impénétrable.Sa transformation progressive sur la fin est un tour de force assez rare pour être signalé: la cuirasse se rompt, les affects ressurgissent, les regrets aussi…

Cédric Janet dit.

Bonjour Monsieur Tavernier,
quel plaisir de revoir LA VERITE SUR BEBE DONGE, quel combat entre Gabin/Donge et Darrieux/Bébé! Quelle noirceur! Quelle férocité! Simenon sait comme personne tirer le poison des affaires de famille (des grandes familles ou des petites gens) et Decoin a répondu en grand faiseur à cette histoire. Le style, la technique, comme vous le dîtes, servent des dialogues d’une redoutable efficacité; ils touchent et ils blessent.
A chaque fois qu’apparaît Bébé, fantomatique, en corbeau de malheur, on ne sait plus trop si Donge s’empoisonne de ses mensonges qui le hantent, ou si la vérité de Bébé, toxique, finit d’achever son mari.
Effectivement, le parti pris de ne pas définir d’époque précise contribue à accentuer notre malaise et les mauvais cotés de la nature humaine (il n’y a plus l’excuse de l’époque). La vérité parait sacrée. Et la musique vaporeuse de Jean-Jacques Grunenwald, aussi mélodieuse et qu’inquiétante, semble appeler la Mort.
Décidément, Gabin, quand il ne joue pas les chefs de clan, est aussi bon en loser magnifique (Donge) qu’en loser pathétique (Baron de l’Écluse). Je ne sais pas si c’est moi, mais après coup, j’ai trouvé le film osé, puissant et très moderne.
Après Quay D’Orsay, j’ai rêvé que vous tourniez une nouvelle adaptation de Simenon en France avec un acteur américain. Il faut que j’arrête le Chambolle-Musigny. mais j’aimerais vous revoir en compagnie de Tommy Lee Jones.
Bien à vous.

Bertrand Tavernier dit.

A Cedric Jamet
Dialogues d’Aubergé et Decoin est mieux qu’un grand faiseur. Il a pris ce film très au sérieux (comme BATTEMENT DE COEUR, RETOUR A L’AUBE, LES AMANTS DE PONT SAINT JEAN et d’autres). Quant à Tommy Lee Jones, il est génial dans Lincoln

petit retour sur downton abbey, je viens de regarder l’intégralité de la saison 1 et j’adhère entièrement. on doit à Fellowes Gosford Park oui mais cette série rappelle aussi les rapports hiérarchiques et les évolutions sociales des différentes classes chers au duo Merchant/Ivory. vivement la saison 2 en bd.

Très cher Mr Tavernier
Pardon si mes propos n’ont pas grand chose à voir avec le sujet habituel de ce site mais je vous souhaite ,ainsi qu’à vos proches la meilleure année possible! Que vous puissiez mener à bien tous vos projets et que vous nous régaliez de nombreuses et passionnantes critiques. Vous m’aidez à aimer le cinéma et je vous en serai éternellement reconnaissante
Avec tout mon respect

Bertrand Tavernier dit.

Jadin Philippe-Michaël dit.

Bonjour,
Je voudrais me procurer le premier tome des souvenirs de Michaël Powell (j’ai le second) mais il semble qu’il soit épuisé? Pouvez-vous me dire si, dans ce cas, il sera réédité? Merci.

Michael Rawls dit.

MASTERS OF LIGHT: CONVERSATIONS WITH CONTEMPORARY CINEMATOGRAPHERS by Dennis Schaefer and Larry Salvato is even more informed and intelligent than Maltin’s essential BEHIND THE CAMERA. « Contemporary » in this case means 1984 and the cinematographers include Nestor Almendros,John ALonzo,William Fraker,Conrad Hall,Owen Roizman,Vittorio Storaro,Haskell Wexler, Vilmos Zsigmond and more. The interviews mostly run between 20 and 25 pages. No photos in my ’84 copy. There’s a revised edition coming in Jan of 2013 but the additional material seems to be limited to a new foreword and preface. I can also recommend the respective memoirs of Christopher Challis (ARE THEY REALLY SO AWFUL?) and Jack Cardiff (THE MAGIC HOUR).

Marc Salomon dit.

… and memoirs of Walter Lassaly, Ronald Neame, Ossie Morris, David Watkin, Osmond Borradaile, Sven Nykvist, Raoul Coutard, Billy Bitzer, Karl Brown, Alan Hume, Andrew Laszlo… and many others albums with various interviews of contemporary cinematographers… and books in italian or german language…

On a svt parlé dans ce blog des chefs opérateurs de F Francis à R Coutard en passant par J Wong Howe or je constate qu’hormis le Prédal. il n’existe pas de vraie référence encyclopédique sur la question! Cela serait pourtant bien utile pour appréhender cette hypothèse du cinéma travail d’équipe qui vous est chère je le sais cher Bertrand.Ne serait-il pas judicieux de pallier ce manque.

Marc Salomon dit.

Je souscris.
Personnellement, je suis prêt…

Eh bien, il faut foncer!
L’Institut Lumière maintenant largement associé aux éditions Actes Sud pourrait sérieusement envisager la publication d’un beau livre largement illustré (c’est- un ou ce devrait être- un truisme pour un ouvrage de cette nature!).La dernière édition d’Amis américains est une splendeur qui peut appuyer ces espoirs.
Je suis sûr que cet outil deviendrait vite une bible et pour les étudiants en cinéma et pour leurs enseignants mais aussi plus largement pour tous les cinéphiles dont la vision a évolué depuis les 60′-70′: pour fréquenter assidument divers forums, je suis frappé par la prise en compte croissante des contributions de chaque membre d’une équipe de tournage du scénariste au monteur en passant par le chef opérateur, le décorateur,le costumier…

Par ailleurs, en relisant les pages de 50 ans… ou d’Amis américains je constate que Bertrand est l’avocat idéal pour un tel projet tant il sait mettre en évidence le génie de J Wong Howe (notamment pour Hud et Molly maguires de M Ritt), celui de B Surtees ou de S Cortez, etc…au gré des articles sur les réalisateurs.

Marc Salomon dit.

Ne serait-ce que dans le cinéma américain, il y aurait beaucoup de chefs opérateurs à réhabiliter. Joe August, Ted McCord (qui a formé Conrad Hall), Ernest Haller, Sidney Hickox, Oliver Marsh (grand nom de la MGM trop tôt disparu), Chester Lyons, Arthur Edeson, Bert Glennon, Joe MacDonald, Russell Metty etc…
La notoriété d’un Cortez (qui faisait un peu toujours la même lumière) ou d’un Toland (obsédé par la profondeur de champ au détriment de bien d’autres choses, ce que relevait déjà le jeune Douglas Slocombe dans un article paru en 1949 dans Film Quaterly) me paraît un tantinet excessive quand on connaît la filmographie d’un J. W. Howe, d’un Lee Garmes ou d’un J. F. Seitz.
La subtilité du n&b de Sidney Hickox, le modelé, la richesse et la densité de ses gris chez Wellman, Walsh ou Hawks (style Warner) m’impressionnent aujourd’hui davantage qu’une photographie trop tapageuse. Hickox était un maître de ce que les américains nomment “non obstrusive photography ».

Bertrand Tavernier dit.

A Marc Salomon
Vous avez raison maii cela mériterait un livre et demanderait des recherches pousser, dépouiller les archives des studios, étudier les memos pour départager les chefs opérateurs réellement inventifs et ceux qui, fort bon techniciens, se pliaient à l’esthétique d’un studio, restaient soumis aux ordres de la production. Il y a ceux qui pouvaient suppléer aux carences du metteur en scène (Kazan parle longuement de l’apport de Leon Shamroy qui choisissait toutes les positions de camera, le découpage, lmes focales qui serviraient les ambitions de Kazan dont tous les films jusqu’à PANIQUE DANS LA RUE furent filmés ainsi) ou parfois le dominer (Hal Ashby avec Haskell Wexler. John Alton avait la réputation d’imposer son point de vue sur la mise en scène, sauf chez Mann, Brooks, Minnelli et Vorhaus). Dans la liste remarquable, je questionnerai Joe August que Lindsay Anderson critique sévèrement et en rajouterai plein d’autres comme William Daniels, Nicolas Musuracca, harry Wild, Roy Hunt (la RKO est une mine car c’est un studio qui autorisait les expérimentations alors qu’à la MGM on privilégiait la belle image), Charles Lang. Et il y a des gens comme Peverell marley, Charles Lawton jr (LA DAME DE SHANGAI et surtout 3.10 to YUMA sont des merveilles. Bref opn est parti pour des pages d’énumération
Très bonne analyse de Sid Hickox.

Est-ce que un bon bouquin ne serait pas « Hollywood Cameramen Sources of Light » de Charles Higham?
J’avais noté aussi celui de John Alton au titre magnifique « Painting with light »…

Bertrand Tavernier dit.

A Martin Brayy,
C’est un fort bon livre qu’on pourra completer avec BEHIND THE CAMERA de Leonard Maltin et l’essai filmé de TODD McCarthy VISIONS OF LIGHT. Il y en d’autres sur des chefs operateurs plus récents. Le livre d’Alton est pionnier mais un peu simpliste

Marc Salomon dit.

Allons-y pour une biblio sélective limitée qux “classiques” américains :

– “Highlights and Shadows – The Memoirs of a Hollywood Cameraman” (Charles Clarke)
– “James Wong Howe Cinematographer” (Todd Rainsberger) = le meilleur livre jamais écrit sur un chef op.
– “James Wong Howe” (Alain Silver)
– “Five American Cinematographers” (Scott Eyman). entretiens avec J. W. Howe, W. Clothier et Joe Ruttenberg
– “One Reel a Week” (A. Miller et F. Bashofer)
– “Images in Low Key – Cinematographer Sol Polito ” (George Lazarou)
– “The Light on Her Face” (Joe Walker)
– “ Bianco & Nero. la fotografia nel cinema americano dagli anni Trenta ai nostri giorni” (Giuseppe Turroni)
– “Conversations With The Great Moviemakers of Hollywood Golden Age” (George Stevens Jnr). transcriptions de conféréences données à l’AFI où l’on trouvera J. W. Howe, G. Folsey, W. Clothier et S. Cortez

Bertrand Tavernier dit.

A Marc Salomon
Il y a un numéro de Cinematographe sur les chefs op français et le livre de Henri Alekan

Marc Salomon dit.

Je me limitais aux “classiques” américains !
Travaillant depuis le début des années 1980 sur ce sujet (les opérateurs), j’ai bien sûr amassé une documentation conséquente en livres, revues etc… dans l’objectif de publier un ouvrage dédié aux directeurs de la photo.
J’ai cherché à vous joindre à une époque par l’entremise de P.W. Glenn qui dirige le département image de la Fémis où j’interviens justement sur l’histoire de la lumière au cinéma. J’habite la région Lyonnaise maintenant.

Bertrand Tavernier dit.

A Marc Salomon
je vais faire suivre cela à Thierry Fremaux

En voilà une chute comme je les aime. Décidément ce blog est formidable, réel continuateur d’une idée dynamique et conviviale de la cinéphilie.
Bonne continuation pour ce beau projet!

Marc Salomon dit.

Une bibliographie complète serait à la fois longue et dérisoire eu égard à l’ampleur du sujet.
Citons en vrac les autobiographies de Walter Lassaly, Ronald Neame, Ossie Morris, David Watkin, Osmond Borradaile, Freddie Young, Andrew Laszlo, Alan Hume, Billy Bitzer, Karl Brown, Marcello Gatti, Aldo Tonti… + quelques monographies etc…
De nombreux recueils d’entretiens, des publications en espagnol, en italien et en allemand…
Un formidable album de 600 pages sur Gabriel Figueroa publié par Luna Cornea en 2009 et un tout aussi superbe album sur Giuseppe Rotunno (“Giuseppe Rotunno. la verita della luce” de Orio Caldiron en 2007).

Mais ce qui est incompréhensible, c’est que l’immense Sven Nykvist avait publié une passionnante autobiographie en 1997 et en suédois (Vördnad för ljuset), jamais traduite sinon dans une publication confidentielle et apparemment épuisée en espagnol sous le titre “Culto a la luz”.

Sans parler des nombreuses publications professionnelles (périodiques, bulletins…) qui ne sont pas toujours des publications commerciales. Voir aussi les superbes albums monographiques publiés chaque année par le Festival Camerimage de Lodz en Pologne.

Et j’en passe.

Bertrand Tavernier dit.

Marc Salomon
La critique, à l’exception de quelques uns (Roger Tailleur, et parfois Truffaut dans le temps), de quelques revues fait l’impasse sur les chef operateurs et les juge à l’emporte pièce, sans connaissances techniques et esthétiques. On prend souvent pour des audaces artistiques ce qui était du aux nouvelles pellicules, à des innovations technologiques et on ignore des gens qui accomplissent un travail moins voyant et plus réel, plus profond. Souvent les préjugés et l’ignorance triomphent. Libé avait comparé la photo d’UN DIMANCHE à une pub pour un vin doux avec Gérard lenormand. Cete pub étaient entièrement tramée, foutée, avec des longues focales et le désir de retrouver la photo vaselinée de certains films d’Albicocco. Dans Un Dimanche, il y avait de part la suppression (une première en France) du bain de blanchiement une profondeur de champ incroyable, des noirs et des blancs profonds, des couleurs effacées (les bleus, les verts). Bref, c’était exactement le contraire. Comment voulez vous que ces gens soutiennent un livre où l’on parle de Sid Hickox. Ils ne vont révérer que les opérateurs qui travaillenty avec des réalisateurs du cénacle. D’où comme vous dites, des surestimations. Stanley Cortez a fait plein de films où son travail est anonyme, plus que Lucien Ballard. Gregg Toland c’est une autre paire de manche ry cela mérite une longue analyse

La critique de Libé (je m’excuse de regrouper là un tas d’individus) a souvent prouvé son incroyable incompétence mixée à un désir d’épater le lecteur, donnant l’impression de ne pas analyser réellement ce qui se passe sur l’écran mais plutôt de procéder par détection de l’avis qui serait le plus répandu sur le film chez les lecteurs et pour prouver un peu de singularité, de contredire cet avis (de nos jours, je sais pas, je le lis plus). Souvent aussi, de l’ignorance au profit des fameux « coups de gueule » ou de passion pour ou contre qui engagent les nerfs et le coeur et la vantardise du signataire, plus que le simple goût, de l’ignorance par mépris pour l’érudition aussi, considérée sans doute académique ou bourgeoise, ben tiens pardi! Sauf chez Philippe Garnier, qui prouve son érudition avec jubilation, ce qui fait plaisir et qui fait qu’il pourrait donc éviter, cas un peu spécial le Garnier, de céder aussi par ailleurs à ce maniérisme toc consistant à piquer de petites touches soi-disant singulières tel portrait d’acteur ou de cinéaste, ou tel récit de tournage (je me souviens de sa nécro de Pat Hingle mentionnant les « odeurs corporelles » et le « nez porcin » de l’acteur, quelle sottise de sa part), surtout que l’homme est par ailleurs capable de tant de qualités, sottise passagère, sans doute, mais je le lui ai pas encore pardonné! (ce qui le traumatise, d’ailleurs!).
Vous pouvez mettre sous le nez de certains critiques le nez au milieu du visage, ils ne voient pas le nez, alors vous pensez, la qualité de la photo, trop subtil… vous mentionnez dans le Simsolo, De Baecque disant que votre LAISSEZ-PASSER était filmé à la façon du cinéma de ces années-là!…

Marc Salomon dit.

Il me semble que la recherche historique a fait d’énormes progrès depuis pas mal d’années vers une connaissance plus approfondie et plus équilibrée de l’histoire du cinéma en s’affranchissant du carcan que fut la « théorie des auteurs » qui excluait pour ainsi dire tous les collaborateurs et n’analysait les filmographies qu’à travers un seul filtre.
Mais la France reste à la remorque quand on voit tout ce qui a été publié en anglais, en italien ou en espagnol sur les opérateurs.
Ce sont les espagnols, avec un superbe album (« Directores de fotografia del cine espanol” de F. Llinas, édité en 1989) qui ont réalisé le plus bel ouvrage et le plus complet sur l’histoire de leur cinématographie.
Le livre de Prédal n’est qu’un patchwork de considérations vaseuses et approximatives compilées par quelqu’un qui ne voit et ne comprend rien !
Mais dans un métier où le « faire savoir » compte au moins autant que le « savoir faire » certains opérateurs (trices…) ont su tirer leur épingle du jeu (Almendros, Alekan entre autres…) et la critique, toujours à la recherche de figures emblématiques n’a fait qu’emboiter le pas.

Je ne connaissais pas ces propos pour le moins délirants et ineptes de Libé sur Un dimanche…ce qui prouve que trop souvent les critiques ont des connaissances techniques approximatives ce qui leur fait dire des énormités ahurissantes.

Michael Rawls dit.

To Marc Solomon, Before he was overtaken by aphasia, Sven Nykvist was the subject of a documentary by his son. LIGHT KEEPS ME COMPANY is available on Region 1 DVD, in English and Swedish, through both the American and French branches of Amazon. Posted comments are not enthusiastic about the visual quality of the DVD, which I haven’t seen. As for VISIONS OF LIGHT, I haven’t read the book but I have seen the film from which it was derived and in a movie theatre. The excerpts were well chosen but seemed fiddled with to the point that black and white movies looked like a daily DICK TRACY comic strip, no gray scale, just short of sheer black and sheer white, faces were matte, no pores detectible, something like the number PARIS MATCH used to do on actresses of a certain age.

Incroyable qu’un génie tel que Nykvist ne se voit pas gratifié d’une traduction en français alors que notre pays a salué la carrière de Bergman avec régularité.
Bergman ne cachait jamais ce qu’il devait à ses collaborateurs et notamment à Nykvist pour L’heure du loup, Persona,Cris et chuchotements ou encore Une passion.
Non content d’avoir été l’oeil de Bergman, il a su s’adapter à Tarkovski ou Allen pour signer des travaux qui en sont pas de simple calques de sa collaboration avec I Bergman.
Fellini a su s’entourer de sacrés directeurs de la photographie que ce soit Di Venanzo pour 8 1/2 et le trop méconnu encore Juliette des esprits, Rotunno pour la série magique qui va de Toby Dammitt à Et vogue le navire (ah! quelle splendeur ce film là, quelle délicatesse pour saisir ce qui déjà s’efface).
Oui, il faut un beau livre qui permette de se guider dans ce domaine important en cherchant à balayer toutes les cinématographies. toutes les époques.
Je suis sûr que ce type d’ouvrages facilitera le travail de restauration des films et évitera des défigurations liées à des modes.

Marc Salomon dit.

A Michael Rawls :
Je connais et possède bien sûr le documentaire sur Sven Nykvist réalisé par son fils et qui reprend en grande partie la trame de l’autobiographie (Vördnad för ljuset). Comme la plupart des docus sur les opérateurs, il souffre du même problème. le prix exorbitant des droits qui limite considérablement l’utilisation d’extraits de films.
En 1981, Ulysse Laugier avait réalisé pour l’INA un docu sur Nestor Almendros qui ne comportait quasiment aucun extrait de films !
Et quand il y en a… les choix sont rarement judicieux, comme pour les photos dans les livres.
Mais comment condenser des carrières aussi riches en quelques minutes d’extraits, un film ne se réduit pas à un diaporama, le talent des opérateurs s’exprime sur la durée, avec ses temps forts et ses temps faibles. La photo de cinéma (comme le disent les meilleurs opérateurs) a plus à voir avec la musique (rythme, tempo…) qu’avec la peinture. C’est tout le problème du livre d’Alekan…
En 1935 déjà, le grand John F. Seitz avait rédigé un article pour l’American Cinematographer intitulé “Expressing Tempo in Lighting”.

Relisant le Prédal il est vrai très souvent vague dans ses considérations techniques ( on voudrait lire des propos très concrets en prélude ou avoir des exemples précis dans le dico des chef op), perclus d’a prioris et surtout cruellement dépourvu de l’essentiel à savoir des photogrammes de qualité que ce soit en N et B (il y en a mais c’est fadassse avec une mauvaise qualité de reproduction) ou couleur.
Un vrai ouvrage de référence devra bénéficier d’une (quasi)
carte blanche de la part de son éditeur en ce qui concerne les droits de reproduction de photogrammes isolés voire de séquences soit selon le principe chronologique soit selon des rapprochements de plans à distance ( cf les petits volumes chez Yellow now).Il faut absolument que ce livre existe: je suis sûr que ce sera une bonne affaire commerciale ( il se vendra comme des petits pains)et un gd moment de l’édition de cinéma.
Je réfléchissais à ce que vous disiez, Marc et Bertrand, sur Stanley Cortez: il est sûrement trop adulé mais son travail sur les Ambersons, sur La nuit du chasseur (que je viens de revoir ds l’édition wild side), sur le diptyque de Fuller me semble incontestablement génial.
Après il ne doit pas effacer les travaux de Ballard (dont j’aime bcp le travail notamment chez deux cinéastes Boetticher et Peckinpah), Burel, Cloquet ( quelle capacité d’adaptation. passer de Bresson à Tess en passant par Peau d’âne et Delvaux: superbe carrière. ) et j’en passe.
Le pble principal de Prédal c’est la taille des notices et l’impression que le concepteur de l’ouvrage n’est pas passé par la pratique de la photo.
L’avantage de 50 ans de cinéma américain c’est que vous êtes passé. Bertrand. par la réalisation et enrichissez strate après strate, au fil de votre propre pratique, vos annotations sur les cinéastes.L’ouvrage de Ciment sur la critique de cinéma est doté du même avantage: Ciment gd critique coordonne un ouvrage sur la critique.Je pense que pour ce type de somme, le passage par la concrétude d’une pratique est un atout de taille.
Bonnes fêtes à tous!RDV en 2013 pour découvrir de nouvelles chroniques, se lancer ds des débats passionnés, découvrir sur gd écran Quai d’Orsay et attendre la réédition de 70 ans de cinéma américain entre autres projets.Encore merci, Bertrand, pour tt ce que vous portez avec générosité.

Merci Bertrand Higham ayant sorti quantité de bios sur des sujets comme la duchesse de Windsor ou alors historiques comme le complot financier nazi-américain, je me demandais si cette polyvalence était accompagnée de sérieux, mais pourquoi pas, après tout, Victor Hugo était un touche-à-tout…

Bertrand Tavernier dit.

A Martin brady
Higham a écrit iune masse de bouquins dont certains semblent décourageants. D’autre part ses obsessiopns (tout le monde est pédé et/ou nazi) mine certaines de ses biographies (celle sur Flynn) mais celle de Louis B mayer contient des pages passionnantes et ses interviews sont souvents réussis.

A Bertrand Tavernier et Marc Salomon: j’ai copié tous vos commentaires, car ça fait une biblio impressionnante, donc merci encore.

Michael Rawls dit.

To Martin-Brady, I find that I omitted in my list of cinematography books what might be the best in the autobiography category: A MAN WITH A CAMERA by Nestor Almendros. Almendros focuses (sorry!) on his work, not his personal life, discusses his career film by film, with such luminaries as Truffaut, Rohmer, Schroeder, Benton, and others. I also find, via the internet, that the book is out of print and is now mostly expensive whether you buy it in French,English,or Spanish. There is a $24.40 French language copy in Ireland listed on abebooks. Perhaps the Lumiere Institute could bring this title back into print. And, you’re welcome.

To Michael: yes we heard a lot about the Almendros one which was highly praised when issued here. « Un Homme à la Caméra » in french, language I will go on with by adding that (as you understand it too):
Bertrand Tavernier a mentionné le Alekan, il s’agit de « Des Lumières et des Ombres » au prix prohibitif que je n’ose même pas préciser! ed du Collectionneur… Je me souviens qu’il était déjà très cher à sa sortie il y a 20 ans, inédit en anglais, apparemment… mérite une réédition plus économique.

Le bouquin d’Alekan dépasse visiblement les 300 euros: je l’aurais bien acheté et fais dédicacer lors de mes rencontres avec ce gd monsieur à l’orée des 90′ (à la cinémathèque de Toulouse puis à notre cher cinéclub F Truffaut d’Avallon ds l’Yonne)mais il était déjà trop cher pour mon budget de petit étudiant.
Je n’ai pas non plus le bouquin d’Almendros mais espère aussi une réédition de qualité: l’Institut lumière devrait lancer une collection « métiers du cinéma » richement illustrée qui serait ds la lignée de la réédition d’Amis américains.Avec une fourchette 50-100 euros. ce serait raisonnable et séduisant.
Il y aurait de quoi faire avec des textes de techniciens, des monographies, qqs ouvrages généralistes (comme celui de l’ami Marc Salomon)!

Marc Salomon dit.

On peut trouver d’occasion de livre de Nestor Almendros via le site. abebooks.fr

Une première édition en 1981 chez Hatier en format moyen et peu illustré
Une seconde édition en 1991, toujours chez Hatier, mais sous forme d’album plus richement illustré.

Merci au passage à Ballantrae (rencontré dans un cinéma à Marmande !) de plaider pour l’édition d’un ouvrage sur les chefs-opérateurs dans une période où la cinéphilie est cruellement en perte de vitesse… surtout chez les étudiants en cinéma qui se destinent à ce métier…

Merci Marc!
Je ne pense pas que la cinéphilie se perde absolument même s’il est parfois patent que le socle sur lequel bâtir une cinéphilie et la curiosité ne sont pas autant présents qu’on le souhaiterait: l’essentiel est que ce jeune public ne s’arcboute pas sur une définition par trop restrictive du cinéma et accepte la découverte.
Mais bon. vous qui côtoyez de futurs cinéastes et techniciens avez sûrement de bonnes raisons de déplorer un tel état des choses. Il faut envers et contre tout contrer les usages,confronter cinéma d’hier et d’aujourd’hui, contrer les a prioris en juxtaposant histoire et contre histoire du cinéma.A ma modeste mesure, je plaide pour l’éclectisme et cherche à surprendre dans les rapprochements, contrastes, etc…
A propos,en espérant que c’est le lieu adéquat, j’aurais bcp aimé avoir votre avis sur le travail récent de certains chefs op sur les films suivants:
-B Delbonnel sur le Faust de Sokourov avec ses expériences laborantines sur la couleur (inspiré par des essais apparemment complexes de Goethe)
-F Hoffmeister sur The deep blue sea de T Davies avec ses recherches pour le moins complexes en matière de texture des objets/personnages grâce à la lumière très composée et aux couleurs notamment lors de la scène d’amour ou au moment du retour nocturne d’Hester
Avec Tabou vu récemment (photographié par Rui Poças, sacré boulot sur les textures- qui ne gêne pas mais sert magistralement le propos – compte tenu des différents supports: 16mm + 35 mm), ces films constituent mon tiercé gagnant 2012 si tant est que ces manies cinéphiles du classement aient un sens.
En tout cas, le travail de la photographie prend tt son sens dans la réussite des trois films.Rares sont les films qui peuvent toucher au but en négligeant la photographie à mon sens.
Merci pour le renseignement sur Almendros dont j’ai revu le talent à l’oeuvre récemment ds La marquise d’O de Rohmer.

Oui, mais c’est un gimmick dont la télé s’est tellement emparée, qu’aujourd’hui on peut le considérer comme faisant partie d’une mode qui a vécu. Après c’est peut-être une affaire de goût… Personnellement, je ne supporte pas trop que l’écran soit divisé en plusieurs images. Mais je reconnais que les propositions de split-screen de Fleischer dans « L’Etrangleur de Boston » sont très inventives.

…et BANDIDO CABALLERO et LE GENIE DU MAL et LES COMPLICES DE LA DERNIERE CHANCE et MANDINGO… On espère aussi qu’une édition se penchera sur son cas. En dehors du Stéphane Bourgoin, des mémoires non traduites de Fleischer et de rares entretiens dans la presse française, il n’existe rien. Peut-être pourrions-nous signer un courrier commun pour obliger Brion à plancher sur le sujet.

Bonne nouvelle avec de belles éditions j’espère: L’étrangleur de Boston mérite des commentaires fournis notament pour l’usage si génial du split screen.
En revoyant Carrie il y a peu je mesurais combien cette clause stylistique était bien plus riche chez Fleischer ou dans Andromeda strain de Wise.

J’ai lu ici récemment que le split-screen dans BOSTON était sans intérêt, ou nul, ou vulgaire que sais-je… J’ai failli réagir mais une immense lassitude m’envahit soudain… Je renchéris sur Ballantrae en disant qu’il ne fut jamais mieux utilisé et justifié, et ce procédé ajouté à la liberté que Fleischer prend pour relater l’interrogatoire de Curtis par Fonda dans lequel Fonda intervient dans les décors des flash-back eux-mêmes, en toute irréalité, tous ces procédés, certes spectaculaires (et c’est ce qui a dû agacer certains, le fait que ça soit très voyant, car nombreuses ont été les critiques de désapprobation sur ce split-screen entre autres…), ça touche au sublime. Ca fait dix fois que je revois ce film au cours des années et je ne me lasse jamais de ces scènes-là. Et le moment où Fonda et George Kennedy se regardent en silence en se demandant si ce n’est pas le fameux étrangleur qu’ils viennent de croiser par hasard… Et cette fin désespérée…

Ce sont les mêmes qui ont méconnu Powell durant des lustres, qui découvrent sur le tard le génie de Kubrick, qui renvoient Greenaway au rang de « truqueur », qui reprochent à P T Anderson son souci de perfectionnisme, qui ont une fois pour toutes ignoré les tapisseries complexes d’Altman…etc…
Par contre pour louer un petit objet ayant plus à voir avec l’arte povera, il y a légion d’éloges!
Très bon article sur le ressentiment vis à vis de la maîtrise dans le dernier Positif ( avec aussi un dossier svt émouvant sur Claude Miller et des critiques sur des films assez excitants tels que Tabou de M Gomes ou Les bêtes du Sud sauvage de B Zeitlhin).

En fait, quand le visuel est trop « voyant », c’est jugé prétentieux, m’as-tu-vu? Abel Gance et ses 36 surimpressions en qqs secondes dans LA ROUE devait être méprisé alors? On ne peut pas voir que des films de Ozu! Curieusement, Dziga Vertov dont les films peuvent être vus comme des supports de trips pour fumeurs de substances curieuses (surtout avec la musique de Nyman!) est respecté: avant-garde, c’est pas pareil, ça se met à part.
Les leçons d’humilité de certains critiques: ras-la-casquette… (ça rappele la prétention qu’il y aurait à adapter un classique des lettres cf plus haut sur le Miller)…

Mais Gance a été brocardé par les Surréalistes comme par la Nouvelle Vague au nom d’une « fausseté » trop explicite, d’un refus du naturel qui serait ontologiquement bon.Idem pour Lherbier, Epstein, Dullac, etc…

Bertrand Tavernier dit.

A Ballantrae
Et certaines de ces critiques étaient justifiées. Il y a des Gance qui sont peu regardables dans leur rigidité pompeuse ou leur sottise (JEROME PERREAU) voire leur platitude (LA TOUR DE NESLES, LUCRECE BORGIA). Surtout quand on pense à NAPOLÉON (mais la version sonore produite par Lelouch est une calamité), LA ROUE, CYRANO ET D’ARTAGNAN, voire le coté dément de LA VENUS AVEUGLE. Une fois passé L’ARGENT, cette grande réussite, Lherbier accumula les mélos patriotiques qui faisait dire à Jeanson qu’il a inventé le navet tricolore alors que la couleur n’était pas encore au point. C’est un pionniais.

Je citais Gance pour les « outrances » visuelles, il y a des cinéastes minimalistes qui refusent l’outrance visuelle, Ozu, des cinéastes rentre-dedans, De Palma. J’aime bien l’outrance visuelle, je sais que par exemple dans l’admiration pour Ozu et Bresson, il y a un snobisme d’admiration de rigueur pour le minimalisme, mais là où c’est subtil, c’est que PICKPOCKET, LE GOUT DU SAKE, c’est très bien aussi, on se retrouve d’accord avec un certain snobisme, tant pis.
N’oublions pas que la sècheresse de style de Ozu ou Bresson est un leurre: il y a du style chez eux! C’est un autre sujet…
D’ailleurs je me rappele la fin d’un film de Ozu dans lequel Chishu Ryu pèle une pomme en quatre ou cinq plans, c’est pas cadré au pif, il aurait pu être plus minimaliste, là, Ozu… (j’ai retrouvé c’est PRINTEMPS TARDIF!)

Bertrand Tavernier dit.

A Martin brady
En fait je suis très d’accord avec vous. Le minimalisme est à la mode et flatte des critiques qui ont, le plus souvent et déjà Hugo le dénonçait avec verve dans William Shakespeare, méprisé l’imagination. Je me souviens d’une critique tenante du « nouveau naturel » sic (et là elle aurait fait partie de ceux auxquels s’en prend Hugo) qui disait ingénuement. « moi je n’arrive pas à entrer dans Shakespeare. Je comprends pas ». L’imagination n’est pas prise au sérieux en France

Je sais bien malheureusement que l’avant garde des 20′ a sombré ensuite dans le tout venant de l’enflure ( La fin du monde) ou de la platitude (Lherbier parlant pour résumer).
Cela n’enlève rien aux qualités des chefs d’oeuvre du muet à mon sens si on veut rester juste.
Epstein me semble en revanche avoir conservé intactes sa créativité et son exigence!
Par ailleurs, le bon mot de Jeanson est très drôle!

A Bertrand Tavernier: oui, c’est bien ça, la haine de l’extravagance chez les critiques, une sorte de bon goût…
A part ça, vous venez de m’apprendre que Victor Hugo avait écrit un livre (et pas un petit essai de cent pages!) sur Shakespeare, quel bonhomme quel géant c’était, et libre!
Ca me rappele que j’ai revu récemment LES ENFANTS DU PARADIS, et je me demandais si la charge anti-Othello à laquelle résistait brillamment Frédéric Lemaître face à trois imbéciles illustrait la façon dont Shakespeare pouvait être perçu à l’époque: vulgaire, indécent etc…

Bertrand Tavernier dit.

A Martin Brady
Je vous conseille vivement le William Shjakespeare de Hugo, bourré de passages géniaux où il dénonce la frilosité des critiques face aux excès (« qu’est ce la sobriété. Une qualité pour un domestique. Non il parait que c’est une vertu pour un écrivain » – je cite de mémoire-. Ou « Les écrivains sobres sont le pendants des électeurs sages ») On y trouve des pages splendides sur l’intolérance, le fanatisme religieux et aveugle (l’histoire du sultan Omar qui brula la bibliothèque d’Alexandrie parait très actuelle), Rousseau et Voltaire (« on dit que quand on les jeta dans une fosse commune, leurs cranes s’entrechoquèrent et firent de la lumière) + une défense de Shakespeare et une recension de toutes les conneries ecrites contre lui

Excellents extraits! Je l’ai mis dans ma liste d’attente, ce bouquin. Ce qui m’inquiète, c’est la longueur de la liste, surtout que je ne suis qu’à la page 226 du Renoir-Mérigeau!
Merci!

Minette Pascal dit.

Oui, Hugo, quel géant.
Shakespeare, n’en parlons pas ; quand on pense au poids de son influence des siècles après lui, à commencer par Hugo et le cinéma lui-même.

Oui, c’est un essai remarquable qui en dit long sur bien des sujets mais aussi sur Hugo lui-même: « il y a des hommes océans en effet.
Ces ondes, ce flux et ce reflux, ce va et vient terrible, ce bruit de tous les souffles, ces noirceurs et ces transparences, ces végtations propres au gouffre, cette démagogie des nuées enplein ouragan, ces aigles dans l’écume (…) puis ces grâces, ces douceurs, ces fêtes, ces gaies voiles blanches, ces bateaux de pêche (…); ces colères et ces apaisements, ce Tout dans Un, cet inattendu dans l’immuable, ce vaste prodige de la monotonie inépuisablement variée, ce niveau après ce bouleversement, ces enfers et ces paradis de l’immnsité éternellement méue, cet insondable, tout cela peut être ds un esprit, at alors cet esprit s’appelle génie, et vs avez Eschyle, vs avez Isaie, vs avez Juvénal, vs avez Dante, vs avez Michel ange,vs avez Shakespeare et c’est la même chose de regarder ces âmes ou de regarder l’océan. »
Pas mal, non? et ce n’est que dans le chp II de William Shakespeare!
Et maintenant ds la chp rions un peu voici un extrait d’un autre poète qui, s’il n’est pas reconnu est convaincu de son génie: « ainsi les voleurs de feu arpentent-ils les chemins buissonniers où, d’une brassée de piments, ils préservent l’humain et consacrent sa royauté fugace.Par elurs pipeaux rustiques se perpétuent de riches épousailles, la poésie à la vie enlacée, avec ses oeuvres authentiques ruisselant d’une eau de sang rougie. »
Qui est cet as qui enfonce Rimbaud? BHL. Non! Maurice Carême. Non plus! allez je vous le livre en pâture: c’est Dominique de Villepin dans un bouquin intitulé Eloge des voleurs de feu que j’ai découvert grâce à cette mine qu’est le Jourde et Naulleau. N’hésitez pas. Bertrand. à explorer cet aspect ds Quai d’Orsay: cela pourrait être fendard.

Bertrand Tavernier dit.

A Ballantrae
J’adore le Jourde et Naulleau et son chapitre sur Villepin (sur Christine Angot aussi et d’autres) et les livres de Jourde qui sont remarquables. Pas seulement UNE LITTÉRATURE SANS ESTOMAC mais beaucoup d’autres dont cet epoustouflant récit de voyage au Tibet

Puisqu’il est question de FRANJU citons-en un autre qui lui a fait dernièrement référence (beaucoup moins humble que le regretté Miller). Entre le rayon frais et la parfumerie d’un hypermarché, un client avait abandonné LA PIEL QUE HABITO au rayon sous-vêtements. Sans doute parce qu’il avait lu le sujet avant d’arriver jusqu’aux caisses. Almodovar a dû se rendre compte qu’il faisait toujours le même film alors il a essayé d’atteler ses gimmicks habituels au cinéma de genre sans évaluer la distance à respecter pour éviter de prendre le spectateur pour une bille. Mélange des Yeux sans visage (donc) et de Boxing Helena (un nanar auto-dissout de Jennifer Lynch) la peau qu’Almodovar veut nous faire habiter à tout prix nous flanque vite des allergies dès les premières séquences. On se dit que si Jess Franco ou Jean Rollin avaient tourné ça il y a trente ans le film régalerait sûrement François Forestier. Rien n’est vraisemblable, ni les situations, ni les personnages, ni même les dialogues. On pourrait s’amuser un peu si le « maître espagnol » avait traité ça sur le ton de la déconnade, et s’il n’avait pas choisi le plus mauvais acteur espagnol du monde depuis José Luis de Vilallonga. Au lieu de se marrer, on finit par se sentir mal et on est sûr de mal dormir si on regarde ça avant d’aller au lit. Mieux vaut revoir un Rollin ou un Jess Franco qui n’ont jamais essayé de nous faire croire qu’ils faisaient du cinéma sérieusement.

Je suis toujours ébahi par les individus qui trouvent tant de temps et dépensent tant d’énergie à faire l’exégèse des films qui n’aiment pas, ou épuisent leur mémoire à sortir une liste minutieuse (et sans faute d’ortograf!) des cinéastes américains qu’ils jugent moyens et dont ils ont hâte de lire la notice dans « 70 Ans de Cinéma Américain », en braves petits ronds-de-cuir masochistes et besogneux, c’est vrai que parfois, il s’agit de cinéastes morts depuis des lustres qui reviennent sur terre pour bavasser dans le Dvdblog, auxquels cas, on doit pouvoir les excuser, mais c’est lassant, quand même, ma bonne dame.
Tout d’un coup, je me demande si Renny Harlin et Michael Bay ne seraient pas des cinéastes singuliers à redécouvrir.

Oui, The deep blue sea déjà commenté précédemment et sur lequel vous revenez est un grand film, l’un des plus beaux de 2012 et du cinéma anglais de ces dernières années: essayer de commenter verbalement l’expérience du cinéma selon Davies reviendrait à résumer en dix lignes l’ineffable vertige proccuré par le théâtre de Tchéckhov ou encore l’expérience du temps dans La recherche du temps perdu.
C’est un grand film tissé de sensations fugitives, de changements à vue de la lumière, de présence vivante des objets dans un intérieur par delà l’ampleur de l’expérience humaine déchirante vécue par des êtres qui doivent choisir « between the devil and the deep blue sea ».
J’espère vivement que le purgatoire vécu par ce grand cinéaste va cesser après un tel retour aux affaires.

Et n’oubliez pas The long day closes ( 1992) additif à Distant voices, still lives plus exclusivement plastique et sensoriel que son prédecesseur mais tout aussi magique dans sa captation du temps perdu.

Luc Schweitzer dit.

Grand cinéaste en effet, dont tous les films m’ont bouleversé, avec une mention spéciale pour « Chez les heureux du monde ».
Et la bonne nouvelle, c’est qu’un nouveau film de Terence Davies est annoncé pour 2013. Voici ce qu’on peut lire depuis hier sur le site de Télérama:

Sunset Song de Terence Davies
Après son come-back inespéré en 2012 avec The Deep Blue sea, le cinéaste de Distant Voices… s’est attelé en Ecosse au projet qui lui tient à cœur depuis des siècles. l’adaptation d’un roman de 1932, classique des classiques de la littérature écossaises. Peter Mullan et la jeune beauté Agyness Deyn en sont les principaux interprètes.

En ce moment sur TCM, est diffusé un cycle David Lean qui m’a permis de découvrir trois titres que je n’avais jamais vus: Heureux mortels, Ceux qui servent en mer et Le mur du son. Les deux premiers tout comme le célébrissime Brief encounter marquent une fructueuse collaboration avec Noel Coward et le troisième est issu d’un travail de T Rattigan,auteur de la pièce dont le film de Davies est l’adaptation.
Ces films (auxquels on peut ajouter le délicieux L’esprit s’amuse)prouvent l’importance de D Lean qui eut droit à une certaine condescendance de la part d’une partie de la critique française:j’ai été frappé par la beauté des plans documentaires (notamment pour ce qui aurait pu n’être qu’une commande à visée propagandiste Ceux qui servent en mer), par le sens de la dramaturgie et son accord parfait avec le non dit, par le jeu sur les couleurs sublimes dans Heureux mortels ou le sens de la lumière dans les deux opus en N et B ( on passe en douceur de grisés documentaires à des contrastes signifiants), par la construction des personnages.Bref, même si j’aimais bcp les deux Dickens, Brève rencontre, L’esprit s’amuse,Vacances à Venise sans oublier Kwai, Lawrence d’Arabie,La fille de Ryan (sublime. ) ou A passage to India c’est une vraie découverte.
Cette « trilogie » en plus enrichit par ses annotations socio historiques le superbe The deep blue sea: cadre banlieusard de Heureux mortels,contexte de la guerre pour Ceux qui servent…, difficile après guerre pour les jeunes « héros » qui peinent à retrouver leurs repères dans une reconstruction qui les ignore.

Bertrand Tavernier dit.

A Ballantrae,
je crois avoir dit du bien dans le blog du MUR DU SON que j’aime énormément. Scénario extrêmement sobre, ton parfois dur et d’une noirceur oblique, jamais imposée (alors que longtemps, le film avait été lu comme un éloge de l’industrie aéronotique anglaise. Ralph Richardson est extraordinaire. Je pense que ce film servit de modèle à Kaufman pour l’ÉTOFFE DES HEROS. Voyez aussi MADELEINE. CEUX QUI SERVENT EN MER est excellent et c’est vrai que l’oeuvre de Lean, après celles de Powell, Mackendrick, Hamer, Carol Reed, sans oublier Cavalcanti, Humphrey Jennings font justice des jugements aveugles et sots provoqués par une phrase qu’on veut espérer irréfléchie, de Truffaut. Qui pénalisa tout un cinéma pendant près de 40 ans. Avez vous vu WENT THE DAY WELL. CHAMPAGNE CHARLIE, IL PLEUT TOUJOURS LE DIMANCHE qui va être restauré en Blue Ray et ressort en salle. Une victoire pour Robert Hamer, ce cinéaste qui souffrit tant de la Censure.

Je ne connais aucun des trois titres que vous citez mais veux bien croire, au vu de Noblesse oblige, que ce sont de beaux films.
J’ai été frappé par l’intelligence et la modernité de la structure de Ceux qui servent en mer ainsi que par le début très documentaire montrant la construction du navire à la fin duquel nous assistons après à peine 20 mn.En matière d’effort de guerre, j’ai vu des films américains bcp moins subtils et Ceux qui servent en mer montre comme Colonel Blimp que nos voisins britanniques sont des princes de l’élégance dans un contexte qui ne la favorise guère!
J’avais lu ds 50 ans de cinéma américain le parallèle que vous établissiez entre Right stuff et Le mur du son: il me semble évident que Kauffman connaissait le film de Lean tant on y retrouve la même caractérisation sans caricature héroisante, la même captation nette du danger ou de l’exaltation.Les scènes aériennes sont superbes, dotées d’un suspense terrible et comme ds le Kauffman on est aux côtés des pilotes autant qu’avec leurs familles.Seule la fin réconciliatrice me semble un peu curieuse par sa rapidité comme s’il avait fallu faire rassurer le spectateur mais c’est un très léger bémol…

merci à vous je connaissais pas ce cinéaste.

est ce que je me trompe mais il semble que the deep blue sea n’est édité qu’en dvd en france ?

Bien que LA GUEULE DE L’EMPLOI soit un document humain inestimable, on lui reprochera d’arriver tout de même un peu tard. Depuis la vague de suicides chez France Télécom on dirait que la place publique découvre qu’il y a des salariés en souffrance. De ce fait on voit s’enfoncer des portes déjà ouvertes depuis les années 80. Qui connait le monde de l’entreprise sait que ces méthodes de recrutement et de management sont loin d’être nouvelles. On n’est même pas sûr que les recruteurs cherchent à détecter un salarié rentable. On est dans l’exercice du pouvoir au sens le plus gras du terme, où le critère de sélection premier est avant tout l’aptitude à se soumettre. Très bon documentaire cependant. Et la fiction dans tout ça ?

Bertrand Tavernier dit.

A manux
Tard. Il me semble que la situation s’est vraiment détériorée surtout depuis dix ans (privatisation de France Telecom). Certains films avaient évoqué la pénébilité du travail, dans les chaines automobiles.Il y a eu le travail de Prieur, de Mordillat, d’Ariane Doubley Mais c’est depuis qu’une idéologie dictatoriale a imposé de « nouvelles et modernes » méthodes d’embauche que tout s’est détérioré. Et ce que vous pointez du doigt, le film le rend particulièrement clair. Je ne connais pas tous les documentaires qui cotoient ce sujet mais celui la est d’une clarté aveuglmante et devrait être vu par tous les politiques tant s’étale au grand jour le mépris de la personne humaine.

Certes mais le travail de Mordillat, ou l’excellent film de Pierre Carles « Attention danger travail » sont des documents plus que confidentiels. Les grands médias ne considèrent le sujet que depuis peu de temps, alors qu’il y avait largement de quoi sonner le tocsin en amont. Quant aux politiques, une de leur raison d’être est de faire semblant de n’avoir rien vu… mais c’est un autre débat.

« Tout changer pour que rien ne change » sans être augure, je crains que ce documentaire que je n’ai vu (au contraire du film de P Carles cité au dessous ou du travail de Mordillat que je connais en partie) n’arrive pas tard mais s’avère d’une actualité constante…et on n’a encore rien vu en matière de détérioration des conditions de travail.
Quant au cynisme des politiques capables de dire dans un même temps qu’il ne sont guère convaincus par un texte scélérat mais qu’ils sont « obligés » de le voter tt de même il ne cesse de me surprendre malgré les années.
Pour reprendre une discussion entamée ds un post précédent, j’ai appris directement par des intéressés ( je suis d’origine espagnole et vais fréquemment chez notre voisin) comme par un article des Cahiers du cinéma des nouvelles venant d’Espagne qui pourraient annoncer l’avenir du cinéma français lors d’une louche d’austérité:
-taxe sur les spectacles culturels passée de 8 à 21 pour cents d’où augmentation des places entraînant pour 2013 la fermeture de 20 pour cents des salles (et les 4000 elmplois qui vont avec)
-baisse de 36 °/. du budget dévolu au cinéma + baisse à venir de 26 °/. d’où financement de 10 projets sur 400 sur les 6 derniers mois par l’ICAA, équivalent de notre CNC ( à surveiller de près la volonté de baisser ces subsides: il en va de l’exception culturelle. )

il n’est jamais trop tard. je travaille dans la société susnommée et les piqures de rappel ne sont jamais de trop même si à cause de la mauvaise publicité la politique managériale a quelque peu été révisée. de toutes façons docus, fictions tout est bon à prendre pour éveiller les consciences.

Si dans PARC d’Arnaud des Pallières, Marteau choisis Clou pour « crucifier l’idéal du bonheur de l’homme occidental »… dans un même registre, mais avec une réussite sur toute la ligne, je vous conseille de voir MALVEILLANCE de Jaume Balagueró. Une perle rare qui se range un peu à part dans la filmo de ce réalisateur de talent. Presque pas de sang, ni de violence physique. Nous avons à faire à un thriller psychologique de très haute tenue, à la mise-en-scène intelligente, classique et dans le même temps innovante… L’histoire d’un concierge qui n’a jamais su être heureux et ne trouve du plaisir qu’à défaire par petites touches successives le bonheur des autres… Un bijou de film noir, sur une musique d’Alberto Iglesias. Et Luis Tosar. Quel acteur magnifique. Il faut le voir dans MEME LA PLUIE, un beau film de l’actrice-réalisatrice madrilène Icíar Bollaín, qui narre l’histoire d’une équipe de tournage (Tosar est le producteur et le réalisateur est incarné par Gael Garcia Bernal) qui part en Bolivie tourner un film sur Bartolomé de Las Casas, religieux qui s’opposa à Colomb et dénonça l’exploitation et les massacres des indigènes perpétrés par les conquistadores. Or, il se trouve qu’un parallèle va s’établir dans la réalité, autour de cette production qui a lieu en Bolivie, pour des raisons de coûts, où chaque figurant n’est payé que 2$ la journée. Ces figurants combattent les autorités qui privatisent l’accès à l’eau, faisant grimper les prix, et rendant l’indispensable inaccessible. L’Histoire se répète sans cesse et les cinéastes vont devoir faire leur examen de conscience…

Bertrand Tavernier dit.

A Sullivan
J’ai vu MALVEILLANCE avant mon tournage et j’ai écrit quelques lignes car je l’ai trouvé perturbant et fort, admirablement joué aussi

J’ai envie de vous souhaiter un bon QUAI D’ORSAY, avec tout plein de BIENVEILLANCE… 🙂

Jaume Balaguero est un excellent cinéaste et je ne cesse de vanter les mérites de cette nouvelle vague espagnole qui risque fort de s’éteindre au vu du contexte.
De Balaguero, outre cet excellent Malveillance. je conseille Fragile qui s’avère aussi sensible et troublant que Los otros d’Amanabar ( dont Agora m’a semblé réussi et culotté malgré un accueil tiède ici, un modèle de peplum qui s’avère bien plus évocateur et lyrique que le lourdaud Gladiator) mais aussi REC qui dans le registre de la terreur pure fait des merveilles (évitez REC 2 qui est indigne de son prédécesseur).
Cependant, celui dont j’attends des nouvelles avec impatience demeure surtout Nacho Cerda qui s’avère un poète du fantastique tout à fait troublant et déjà en possession de tous ses moyens créatifs. Son Abandonnée datant de 2007 est un récit en terre russe qui joue de nos peurs enfantines et s’aventure ds l’inquiétante étrangeté freudienne ( même si le film est plus jungien que freudien) avec une économie de moyens remarquable.La greffe avec des paysages tarkovskiens est passionnante et le fantastique de Cerda est plus proche de L’heure du loup ou Persona de Bergman que des fleurons américains du genre.

A Sullivan: merci de m’avoir fait découvrir MEME LA PLUIE de Iciar Bollain qui me serait complètement passé à côté! Luis Tosar est magnifique, j’ai eu du mal à accrocher au début mais dés la 1ère manif j’étais dedans. Vers la fin, c’est un peu LE GENERAL DELLA ROVERE, ce film ou ANGEL IN EXILE, je veux dire: qqn qui est un salaud cynique est appelé à l’aide, ou plutôt on s’adresse à lui en considérant qu’il est le contraire d’un salaud et du coup il se prend au jeu et rentre dans la peau du type bien et généreux que l’on veut qu’il soit: c’est très bien joué et jusqu’au dernier moment, j’ai cru que Costa resterait droit dans ses bottes (pas de spoiler!), ce retournement final est très bien vu et ses retrouvailles avec la tête brûlée de Daniel sont magnifiques. Ce mec a une grande force d’expression: voir son attitude dans le taxi où il déballe le cadeau de Daniel. Il y a qqch de subtil qui bouge dans son visage, un rien. Je vais chercher les autres films de Bollain.

You’re Welcome !
Je sors à l’instant de l’immense « Under the Volcano ». Finney est absolument prodigieux, comme à son habitude. Et la beauté de Bisset, et la musique de North, et le générique du fils Huston avec ces squelettes qui ont dût faire craquer Tim Burton, et les poules sur les tables, et ces tirades de Lowry…
J’ai envie de revoir « Becket », tournage pendant lequel O’Toole et Burton (le premier choix de Huston pour le rôle du consul) étaient eux aussi, ronds comme des queues de pelle, mais dans le film de Glenville ce n’était pas le thème central, ni un thème du tout … mais ça se voit, ça s’entend. C’est magnifique.

A propos de J. Lee Thompson, lorsqu’on découvre ses films anglais on se demande si ses films américains n’ont pas été réalisés par un homonyme ou un vague cousin. Mais il parait que le bonhomme buvait beaucoup. On espère en tout cas voir ses films méconnus édités en français (tout comme ceux de Michael Winner, autre talent gaspillé par Hollywood) dont un excellent Dans les mailles du filet repasse régulièrement sur ciné classics.
Pour en revenir à Lee Thompson, ceux qui comprennent l’espagnol peuvent voir For better, for Worse avec Dirk Bogarde, superbement photographié par Guy Green. Le film se trouve sur internet… ni en VHS ni en DVD. Je ne dirai donc pas comment.

Marc Salomon dit.

A propos de THE GOLDEN SALAMANDER. c’est le premier film d’Ossie Morris en tant que chef opérateur. Il avait été cadreur à six reprises au côté de Ronald Neame entre 1936 et 1938. Quand ce dernier passa à la réalisation, il donna donc sa chance à Morris tout en le rassurant ainsi. » J’ai été opérateur, je serai derrière toi », raconte Morris dans son autobiographie ( » Huston, We Have a Problem « ). Puis il poursuit ainsi. » Il faut toujours avoir un cadreur expérimenté dans son équipe. Je suis heureux de dire que j’avais recruté dès le début un des meilleurs, Freddie Francis… » Morris ne mentionne pas le départ de Francis en cours de tournage, mais il préféra sans doute rejoindre Powell, toujours au poste de cadreur sur LA RENARDE et LES CONTES D’HOFFMAN, photographiés par Christopher Challis.
(Signalons que Challis, récemment disparu, est aussi l’auteur d’une passionnante autobiographie. » Are They Really So Awful. « ).

Je viens de voir ILL MET BY MOONLIGHT, 1957, le dernier des Powell-Pressburger et je me suis régalé avec les paysages en extérieur (selon l’histoire, en Crète) en noir et blanc magnifique. Superbe histoire d’enlèvement de général allemand (Marius Goring, impérial et fier en petit Poucet semant ses décorations dans la nature) par Bogarde et les partisans crètois, plein d’humour pour un film de guerre (ce qui est rare quand on est pas dans la comédie satirique). Saisi par la qualité de la photo, je découvre que c’était Christopher Challis que vous venez de citer, ça tombe bien!
Très bonne édition z2 anglaise de Carlton mais alors un truc curieux: les st sont dans la langue parlée,ce qui fait que pour tout saisir il vaut mieux être trilingue grec anglais allemand car le réalisme des langages est respecté et il y a plein de conversations entre locuteurs de ces trois langues, bon c’est surtout l’anglais quand même.
Je ne trouve pas d’avis sur cette dernière collaboration de P et P, pourtant le film est loin d’être mineur à mon humble avis, je trouve qu’il y a un ton très original pour un film de guerre comme dit plus haut.

Bertrand Tavernier dit.

A Martin BradyA Martin Brady
Je l’avais trouvé plus interessant que la BATAILLE DU RIO DE LA PLATA et avec quelques scènes réussies mais l’ensemble m’avait paru plus convenu, plus proche du cinema traditionnel britannique que les autres Powell et Pressburgere l’avais trouvé plus interessant que la BATAILLE DU RIO DE LA PLATA et avec quelques scènes réussies mais l’ensemble m’avait paru plus convenu, plus proche du cinema traditionnel britannique que les autres Powell et Pressburger

à Bertrand Tavernier: à vrai dire, j’ai envie d’en remettre une couche: il y a un ton sautillant et gai à la lisière du grave et de la comédie légère qui m’a séduit, singulier quoi. Les Crètois sont vus comme des alliés dignes, une fête avec danses, musique folklorique et saoûlerie fait irruption en plein milieu de l’action guerrière, Bogarde en espion britannique, revêt le costume traditionnel crétois et danse comme un fou en gobant un oeil de mouton -une gourmandise traditionnelle?- tant il est infiltré dans la population, et Marius Goring est excellent en officier boche (pas SS, quand même!) digne et grognon, chevaleresque (et ça on le voit pas souvent dans les films de guerre habituels dans lesquels les Allemands sont souvent en général complètement idiots et ridicules, ou réduits à l’état de silhouettes…) qui doit se résoudre à reconnaître le professionalisme de ses ennemis, qu’il a décrié durant tout le film. Le gag de Bogarde et son collègue officier (personnage de Moss, auteur du livre) infoutus de connaître le morse et ainsi moqués par Goring est très singulier, car les héros révèlent là une lacune de compétence militaire inconcevable! Heureusement, un partisan qui a oublié de prendre une douche depuis des siècles et moqué de tous, arrive en sauveur car lui, connaît le morse au grand dam de Goring! Je crois que c’est Mel Ferrer le chauffeur du colonel qu’on voit une minute pour la très petite histoire, et David McCallum durant deux minutes (info primordiale, pas vrai?).
Les paysages sont magnifiques (deuxième couche, pardon)! BATAILLE DU RIO DE LA PLATA, revu aussi récemment, est formidable dans sa première partie: la bataille navale elle-même n’a jamais de vue d’ensemble, mais ça s’affirme plus comme une qualité car après tout, à la guerre, c’est le cas! C’est l’inverse des films US: la bataille est en premier et la partie calme en deuxième… Mais ILL est supérieur… Pouvez-vous dire un mot des films postérieurs de Michael seul dont vous n’auriez pas déjà parlé?

Bertrand Tavernier dit.

A Martin-Brady
Mais la peinture de l’ennemi comme quelqu’un de digne, la peinture d’un officier allemand comme un personnage complexe sont présents dans l’oeuvre de Powell et pressburger dès l’excellent SPY IN BLACK. Il trouve son apothéose avec COLONEL BLIMP. Cela poussa beaucoup de critiques à les traiter de réactionnaires de pro allemands, de défaitistes. Il est d’ailleurs passionnant de constater que ce sont deux cinéastes britanniques, Hitch et Powell qui font de l’allemand le personnage central, le pivot, le protagoniste principal de LIFEBOAT et 49th PARALLEL

à Bertrand Tavernier: mais Powel et Pressburger ont étés singuliers dés le début, oui oui tout à fait, c’est une continuité chez eux, ça nous change de l’ennemi caricatural.
Dans RIO DE LA PLATA, le capitaine allemand joué par Peter Finch est carrément désigné comme un héros auquel les officiers british rendent hommage, qui sacrifie son navire pour ne pas sacrifier ses hommes, nulle vengeance sur le fait qu’il ait coulé tant de navires anglais!
Je découvre que si on présente ILL MET comme le dernier opus avec Powell, Pressburger a aussi signé le scénario de THEY’RE A WEIRD MOB (avec O’Grady).

A Nemo: moi, ce qui m’a impressionné surtout, c’est la fin qui montre les femmes refusant de rencontrer les hommes avant de s’être apprêtées: de la coquetterie considérée comme signe de dignité! mais ce n’est pas que de la coquetterie, bien sûr! La scène où ils s’invitent à danser, tel homme approchant telle femme avec retenue, l’humour retenu et discret montrant la colossale Hope Emerson acceptant l’invitation d’un homme timide qui fait deux têtes de moins qu’elle, me laisse dans un état curieux entre bouleversé et ravi, seuls certains moments chez Renoir me font cet effet-là.
A Bertrand Tavernier: est-ce que ça serait possible d’afficher une liste plus longue des derniers commentaires en bas de page, quand il y en a plus de cinq depuis votre dernier passage, on risque de ne pas voir les premiers qui du coup ne s’affichent pas, surtout quand ils se rapportent à une page ancienne (votre première page date quand même de mai 2005!).

en effet je n’ai pas répondu sur ce billet. vous faites evidemment référence à convoi de femmes de wellman.

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